Un climat détestable
La situation que vit actuellement le personnel de Thales, à quelque niveau que ce soit, est intolérable. De l’ouvrier au PDG de société, et même au Directeur de Division, en passant par les ingénieurs et cadres, chefs de projet ou DRH, personne ne sait où nous allons, ni où il ou elle va, quels sont les choix stratégiques pour les années, les mois, voire les jours à venir … Absence chronique de communication, cette attitude préfigure-t-elle d’une volonté de ne pas partager, ni de consulter, pour mieux imposer le pilotage par l’axe financier, bousculer les métiers, les femmes et les hommes et les emplois ? Il faut travailler, produire, faire du chiffre sans avoir accès aux finalités, sans savoir à quoi tout cet engagement va servir. Le mal-être que génère cette situation, qui dure maintenant depuis plus de six mois, est palpable partout dans le groupe. Il crée un climat de défiance, de suspicion et le mal-vivre au travail n’en est que plus aggravé.
Un Groupe en pleine restructuration
Les "démissions" et mutations vont bon train. En six mois de nouvelle gouvernance, le Comex (Comité Exécutif du Groupe) a été supprimé et une grande majorité des patrons de Division ont soit été déplacés, soit ont "démissionné". Ceux de la THINT ont été écartés, M. Deakin - PdG de la division Air System - est donné partant chez un important client britannique de TR6 (!) et les deux derniers en date connus sont M. Seznec, patron actuel de Thales Alenia Space et Mme Sourisse, arrivée il y a peu à Land et Joint en provenance d'Alcatel Alenia Space, partirait à EADS Astrium. Quid des clauses de non concurrence ? Dans le même temps, ce sont des anciens d’Alcatel (tel M. Lansard qui prend la direction de TRT, ou des poulains de Dassault, tel M. Quentin, Directeur de la Transformation des Opérations) qui prennent le pouvoir.
Des rumeurs persistantes
Thales est, de plus en plus, au milieu d’un monopoly géant de recomposition/concentration du paysage industriel (militaire, aéronautique et naval en particulier) français et européen. Mais ces restructurations n’ont pas une visée, où l’intérêt des salarié(e)s concerné(e)s, ainsi que des peuples dans lesquels ces groupes rayonnent, est pris en compte. Bien au contraire, c’est encore la volonté capitalistique de financiarisation, d’augmentation du taux de profit des grosses sociétés qui sont la raison de ces restructurations. Par exemple, Dassault demande un retour sur investissement (pour le rachat des 20% d’actions que détenait Alcatel dans Thales, à hauteur de 1,5 milliards d’euros) dès l’année prochaine par l’octroi de dividendes à hauteur de 200 millions d’euros.

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