Pour une maison commune des retraites.
Par webmaster le lundi 8 février 2010, 15:35 - Retraite - Lien permanent
Dans le débat qui va s'ouvrir sur la réforme des retraites,
on sait à l'avance que le manque d'unité des salariés et
des organisations syndicales serait un handicap dont
MEDEF et gouvernement ne manqueraient pas de profiter
comme ils l'ont déjà fait pour les réformes passées.
Que l'on se souvienne en effet : le gouvernement s'est
d'abord attaqué aux salariés du privé en 1993, ensuite
aux fonctionnaires en 2003, puis aux salariés des régimes
spéciaux (Sncf, Ratp, industries électriques et gazières)
en 2007. Chaque fois, les intérêts des uns ont été les
« otages » de ceux des autres tandis que l'on pressentait
bien que ce qui se tramait pour les premiers finirait par
tomber sur le coin du nez des suivants.
La diversité historiques
des régimes souvent présentée comme autant
de niches à privilèges indus n'a sans doute pas simplifié
la tâche pour solidariser l'ensemble des salariés.
C'est pour sortir de cette logique que la CGT a adopté lors de
son dernier congrès la proposition d'une « maison commune » des retraites.
Cette maison commune, qui n'a
rien à voir avec un régime unique permettrait de solidariser
les régimes tels qu’ils sont, avec leurs spécificités,
leurs histoires respectives…permettrait de promouvoir
un socle commun de droits et de garanties de haut
niveau.
Il y a bien des domaines dans lesquels des progrès
pourraient être réalisés. Citons, par exemple, la validation
des années d’études ainsi que des périodes de
précarité, qui participe d’une autre approche de la notion
de carrière complète et qui pourrait se traduire par une
constitution de droits dès l’âge de dix-huit ans pour tous,
y compris les étudiants ou les primo-demandeurs d’emploi…
La conséquence et c’est bien l’objectif visé, serait
l’accès du plus grand nombre, dès soixante ans, à un taux de remplacement d’au moins 75 % du salaire de référence. Voyons bien qu'une telle architecture permettrait
de redonner confiance aux jeunes salariés qui sont
de plus en plus nombreux à considérer qu’ils n’auront
pas de retraite, ou si peu… Cette absence de confiance,
qui doit être prise au sérieux parce que susceptible de
conduire à une implosion du système.
La manière dont les organisations syndicales travailleront
sur ce dossier des retraites sera évidemment déterminante,
car comme on l'a vu lors des réformes précédentes,
la désunion a ouvert un boulevard au gouvernement.
Ce lundi, une intersyndicale doit se tenir avec notamment
cette question à l'ordre du jour. « Notamment » car au
delà du rendez-vous 2010, toutes les questions sociales
posées par la crise actuelle demeurent et doivent être
traitées et si possible dans une démarche unitaire. Elles
ne sont d'ailleurs pas déconnectées du dossier des retraites,
mais intimement liées puisqu'on ne peut imaginer
sauver la répartition solidaire sans une autre politique
d'emploi, de salaires par exemple.
Commentaires
J'ai du mal à comprendre le sens d'une "maison commune" des retraites. En france, il existe deux grandes familles pour les retraites : le code des pensions civil et militaire pour les fonctionnaires, et le régime général des retraites pour les salariés du privé. Ces deux régimes sont organiquement inconciliables, le premier relève d'une ligne comptable dans le budget que l'Etat doit planifier, le second relève du salaire différé et donc des cotisations salariales et patronales. En 2003 sous couvert d'une avancée sur les carrières longues dans le privé, la CFDT a honteusement capitulé et permis l'allongement à 40 ans de cotisation pour une pension pleine dans le public. Toutefois, dans le public reste que cette pension est calculée sur les 6 derniers mois quand dans le privé le calcul s'effectue sur les 25 meilleures années, réduisant ainsi le taux de remplacement à peau de chagrin.
Va t'on à l'initiative de la CGT cette fois-ci vers une remise en cause fondamentale du régime de retraite du public sous couvert par exemple d'aménager la pénibilité ?
Cette "maison commune des retraites" ne contient strictement rien en terme de revendications et devient donc un point d'appui pour le patronat et je gouvernement pour attaquer et le public et le privé. Va t'on vers une CFDTéisation du règlement sur la question ?
Pour ma part, j'estime qu'il n'y a rien à négocier sinon le retour aux 37,5 années de cotisation pour une retraite à taux plein calculée sur la base au plus avantageux des 6 derniers mois ou des 10 meilleures années de salaire. Retour des cotisations indues par les milliards d'exonérations de charges patronales, augmentation de la part patronale, etc ...
Je déplore vraiment l'absence de revendications concrètes dans notre argumentaire au proft d'une vague et dangeureuse "maison commune" des retraites !
Un salarié et syndiqué CGT de Thales