Le gouvernement portugais se laisse enfermer dans un discours de rigueur « pour promouvoir la compétitivité de l’économie portugaise ». On voit dans cette affaire que la pression des institutions communautaires ne suffit plus à imposer aux peuples européens la loi d’airain de la réduction des dépenses publiques. Aujourd’hui, ces officines créées et payées par les banques sont chargées de les seconder.
Ainsi, ces mêmes banques qui ont exigé qu’on les sorte de l’ornière où elles s’étaient mises à coup de milliards d’euros s’apprêtent-elles à jouer les usuriers avec ces États déclarés mauvais élèves.
Sauvées grâce à des prêts à 1 %, elles vont pouvoir désormais se « refaire la cerise » en re-finançant ces pays aux taux du marché en faisant 8 à 10 fois la culbute.
Voyons bien que notre pays n’est évidemment pas à l’abri de se voir décerner lui aussi une note pourrie.
Ces affaires ne sont pas sans rapport avec la réforme des retraites dans laquelle le gouvernement a engagé le pays, pas plus qu’avec la politique de « réduction des dépenses publiques ».
C’est ainsi que dans une récente interview au Journal du Dimanche, puis à plusieurs reprises ces derniers jours, le secrétaire général de la CGT a rapproché les deux dossiers. Dans le JDD, Bernard Thibault accuse le gouvernement « d’être plus préoccupé de faire une réforme pour donner des gages aux agences de notation, ces milices privées qui font pression sur la Grèce, le Portugal ou l’Espagne pour baisser les dépenses sociales et préserver les intérêts du capital au détriment des salariés ».
Enfin quelle confiance les États doivent-ils à ce mercenaires qui il y a deux ans fermaient les yeux sur la masse de « créances pourries » amassées dans les actifs des grandes banques mondiales grâce au prêts hypothécaires (subprimes) américains ? Quel crédit leur apporter alors qu’ils n’avaient pas vu venir l’éclatement de la bulle Internet ou l’effondrement bancaire islandais ?